Rien de plus simple me direz vous ! C'est du moins ce que m'a affirmé ma copine Sab avant de partir en voyage, en me conseillant de n'en prendre qu'un (bikini) au cas où, car ils sont, paraît il, très bons marchés...

Je lui ai bien demandé s'il y avait des grandes tailles, pour caser mon 44/46 et mes fesses bien rondes à l'africaine. Pas de problème, les brésiliennes aussi sont bien rondes, qu'elle me dit du haut de son 36/38 !

Là, j'ai un peu fait la moue, car je me rappelle ce reportage sur les femmes de Rio aficionados de la chirurgie esthétique, qui se font refaire seins et postérieur pour avoir un galbe parfait. En plus, on atterrit à Rio pour le début de notre voyage... M'enfin, t'inquiète vir, tout le monde ne peut pas s'en payer !

En tout cas, pas vraiment vu de boutiques de maillots à Ipanema, ou pas cherché à vrai dire (on est à peine resté 3 jours et pas eu le temps de passer à ce marché de copacabana). Et pas vu de corps sculpturaux sur la plage. Ouf !

A Ilha Grande, ça manque pas de boutiques de fripes; mais que c'est cher ! Premier prix de maillots à 45 réais, je ne m'attendais pas à ça. Et puis, les tissus ont l'air de sortir d'une vieille malle des années 70 (couleurs criardes, dessins géométriques ou grosses fleurs...). Bou. Je passe, mon vieux maillot fera bien l'affaire !

Deux mois plus tard, de passage à Salvador, je jette un oeil dans un centre commercial : environ 150 réais le bikini ! Et bien, ça ne s'est pas arrangé ! Bon, il paraît que j'aurai dû trainer dans le vieux quartier du pelourinho, pour dégoter un de ces bikinis triangle à 15 réais. Pas évident avec petit Loulou d'aller se promener dans ce secteur (mauvais trottoir anti poussette, circulation...). Tant pis.

Les fringues aussi sont décevantes; j'en ai marre de trainer mes deux même jupes dont une est décolorée, ma robe qui se découd et mes tee shirt avec des tâches de javel (merci les lavenderias brésiliennes !), mais vraiment, il n'y a rien de bien affriolant et bon marché à se mettre sous la dent. Euh, pardon, sur les fesses ! (encore...une vraie obsession). Mais comment font les brésiliennes pour s'habiller ? Mystère...

Quand on arrive à Jéricoacoara, mon vieux très vieux maillot, après 4 mois de bon et loyaux services, montre des signes de fatigue évidente : ça baille au niveau des seins qui tombent un peu trop à mon goût (que non ils sont encore fermes !) et les bretelles sont tellement détendues qu'à la première vague...hop ! Je me retrouve comme Eve. C'est pas trop le style ici (on peut montrer ses fesses avec un string...horreur ! Mais pas les seins ! En rappel de la condition des esclaves noires...) Donc, après une mini crise de désespoir, on décide avec xav d'aller faire les boutiques de Jéri. Je suis tellement déprimée que je suis sûre que je ne vais rien trouver à ma taille... Imaginez nous avec Loulou dans les pattes, 35°C à l'ombre, l'enthousiasme flagrant des vendeuses (sans blagues, jamais motivées pour vendre leur cam) et moi, avec ma tête de trois pieds de long et ma rengaine« suis sûre que j'en trouverais pas ... » On a dû faire...7 magasins si j'ai bonne mémoire. Du plus petit ou il faut se faufiler entre le mur et les cintres pour se cacher derrière un rideau tendu qui fait office de cabine, quand on ne m'envoie pas dans les toilettes pour essayer ! (véridique), au plus classe avec parquet par terre ou Loulou peut glisser dessus en criant et courir se cacher dans les cabines d'essayage. J'ai essayé tous les GG (la plus grande taille brésilienne, semble t'il) et désolée de te décevoir ma chère sab, mais ça fait pas vraiment ma taille. Rien à faire, j'arrive à quaser le haut (quoi que, c'est vite dit) mais pour le bas, faut choisir ce qu'on voit : la raie (des fesses, oui oui) ou le pubis (pas super épilé, faut dire la vérité. Cf mon texte sur l'épilation). Je ne regarde même plus les tissus, je crois que je suis prête à prendre n'importe quoi qui peut m'envelopper !!

Bon, au dernier magasin, petit miracle ou adaptation (?) (pensez vous que les fesses puissent se rétracter ?) je trouve une culotte pas si pire, qui dénude à peine le sommet de mon postérieur. Enfin, on voit ce qu'on veut bien voir. Xav me dit OK, je suis contente de plier l'affaire, et loulou aussi de pouvoir filer à la mer. Oui, je l'ai testé immédiatement. Faut juste se méfier des gros rouleaux !

En tout cas, si vous allez au Brésil, prenez vos maillots préférés avec vous et vos fringues aussi, car qualité, beauté et bon prix ne sont pas au rendez vous.

PS : depuis qu'on est à Morro Branco j'ai vu des vraiments grasses brésiliennes celluliteuses en bikini, string parfois. J'ai pas osée leur demander leur taille. Et faut vraiment que je décomplexe !