Coucoutations a Todos..!!

Un petit mot pour vous direz que nous sommes arrivés ce matin de bonne heure après 20h de transit à Capao, un petit bled (valle de capao) dans l''état de Bahia, parait que c''est tranquille qu''on peut se poser...

Donc on va rester là un moment, avec des mots peut être un peu moins réguliers... nous verrons^^

Plein de bisous a tous!!

Prenez soin de vous.!

 

Xav.

 

Nous sommes arrivés à capão de très bonne heure samedi matin, sans logement, fatigués du voyage (nous sommes arrivés vers 6h30 et nous étions partis le jour d’avant vers 11h..).

Première priorité, une douche, et un lit!!
Nous voilà donc en chasse pour trouver un endroit pour dormir: une première posadas nous proposait un prix exorbitant (40 par personne, Loulou comptant pour une personne) La bonne blague^^…
Nous demandons donc aux chauffeurs qui ont conduit les voitures de Palmeiras a capão ou nous pouvions dormir, ils nous indiquent un camping ou ils louent des « chambres » ce sont plutôt des petites maisons minuscules avec une chambre et une salle de bain.. Ca ira bien pour se laver et dormir un peu pour récupérer du voyage!!
Nous voilà donc propres, et prêts a dormir, heureusement Loulou s’endort sans trop de problème, et nous faisons tous ensemble dans le même lit une sieste jusqu’à 12h… Il nous fallait bien ca!!
Après cette sieste on se dit qu’il faut manger..  On se trouve donc un petit resto dans le centre et nous croisons une fille avec qui nous discutons; elle nous dit que Sabrina (et Kian) (voir Ilha Grande) l’amie que nous devions rejoindre ici à capão nous avait raté a l’arrivée du bus, mais elle nous indique ou la retrouver  pour le diner… En attendant, il nous faut encore dormir un peu, donc on retourne dans notre « chambre »:  un petit dodo, et on se met en quête d’une maison… Je dois dire que comme depuis le départ, (enfin, j’aime me le dire :D) les choses arrivent comme elles le doivent… La première maison qu’on visite nous plait, est bien située (pas loin du centre)  et elle est libre pour le mois qui vient. On regarde quand même autour et on attend  de discuter avec Sabrina qui est là depuis quelques jours et qui pourra peut être nous aider a trouver mieux…
Le soir,  nous nous retrouvons au « café » pour un petit repas entre amis; Sabrina semble aussi heureuse que nous de nos retrouvailles..!! Et Loulou de retrouver son premier copain de jeu !
Nous dormons le soir dans notre chambre, nous l’avions prise, il faut l’utiliser :D
Le lendemain matin, on plie bagages, et comme Sabrina n’a a priori rien de mieux a nous proposer, on va dans la première maison visitée (500R$ le mois, soit 16/nuit environ) c’est un peu cher pour le coin, mais c’est le « haute saison » et c’est tout de même ultra-méga mois cher que ce qu’on a trouvé jusque là… (jamais moins de 70R$ par nuit a part la semaine ou on avait loué une maison a Ilha Grande)
Nous voilà installés, fin prêts pour profiter de ce nouveau coin de paradis!

Lui

Comme Xavier vous l’a dit, nous avons enfin trouvé un lieu où nous poser !

Nous louons donc un deux pièces dans une grande maison, au rez de chaussée. A deux minutes à pied du « centre » (en même temps, il n’y a que deux rues dans le village, et une place), juste à côté de deux restaurants qui font des mets goûteux. Loulou a son petit bout de chambre (mais il squatte encore notre lit pour s’endormir, habitude prise ce dernier mois !) et  nous avons notre cuisine ! On peut enfin se remettre à cuisiner (pour le midi seulement, à vrai dire…) avec les produits locaux.
Bon, ici, on est aux portes du parc de la « chapada diamantina » et un peu au bout du monde (7h de bus + 1 h de 4/4 depuis Salvador !), donc on ne peut pas prétendre tout trouver… Mais on n’a pas à se plaindre ! A part pour les lessives, pas de lavenderia ici, et la proprio lave tout à la main ! Elle nous a trouvé une personne qui a une machine, mais qui pratique un prix presque exorbitant (plus cher que ce que l’on a payé jusqu’ici, environ 10 € pour une lessive, sans séchage ni repassage).
Pas de Wifi depuis chez nous, donc obligés d’aller au village pour « se brancher »; désolés, ça va être moins évident pour communiquer !
Pour les transports, pas évident aussi : tout ce compte en km ici; la vallée s’étire en longueur, devant chez nous passe une route (enfin, ce sont des chemins de terre rouge; ce qui explique la couleur de nos pieds !) qui fait 8 km avant d’arriver aux portes du parc; Et le long de cette route, de multiples maisons, des motos taxi (pas évident avec loulou, même si les locaux l’utilisent avec les bébés !), deux écoles (une municipale, et une alternative genre Steiner ! Et oui, ça fleurit beaucoup au Brésil !), un fameux cirque monté par un français qui offre de multiples activités et spectacles (le top ! ), des lieux ou pratiquer yoga, massages Thaïe, chinois et ayurvédique (comme à la maison !!)  et capoeira… et des gens de toutes nationalités attirés par le climat, l’environnement, les activités…
Donc un lieu agréable !
Il fait très bon en journée, avec néanmoins un souffle d’air agréable, puis le soir le vent se lève, et la nuit, on supporte une bonne couverture ! Exit ventilos et autres clim !
Autour, montagnes et plateaux, rivières aux eaux rouges ou jaunes, Canyons, avec une végétation très différente de la Mata Atlantica très humide que l’on a connu jusque là. Tout est beaucoup plus sec, donc on trouve des cactées, des plantes grasses, des buissons comme on en a en méditerranée… des fleurs étranges aussi. Des bananiers poussent devant notre porte, ainsi que des buissons d’acérola, de l’aloé véra, des orangers et des citronniers …
De multiples chemins sillonnent la région et attirent les randonneurs de tout horizons. Bon, pas très adaptés pour nous avec Loulou. On a testé hier 6 h de marche, on ne refera plus !! (on a du mal à mettre un pied devant l’autre aujourd’hui. Hum.)
Pour la faune,  des colibris de différentes espèces nous rendent visite chaque matin, attirés par ces fleurs rouges que je ne sais nommer; et j’ai aperçu quelques gros lézards. Mais rien de bien méchant.
Ah, et les moustiques le soir… là, on a installé la moustiquaire pour nous et Loulou est protégé dans sa tente où il fait enfin bon dormir.
Quant aux gens, ils arrivent d’Europe ou d’Amérique du sud, parlent toutes les langues, ce qui fait que mon cerveau bug fréquemment depuis quelques jours, pour passer du français à l’anglais au portugais puis à l’espagnol (et à la même table tant qu’à faire !). L’ambiance est très cool décontracte, un peu bab/hippie sur les bords… si je puis dire !
Quoi d’autre ? Plein de projets de choses à voir et faire ici, d’envie de farnienter tranquille aussi… bref de vivre en famille mais ouvert sur les autres et le monde. Tout s’y prête…

 

Bonne année à tous ceux qui me lisent ! Je vous souhaite de la joie dans le cœur, cela semble nous faire tellement défaut en Europe…

Je vois ici des gens qui vivent avec peu, parfois en manque d’eau et d’électricité, mais qui restent toujours tranquilles et souriants, accueillants, et ce n’est pas qu’une apparence. Leçon de vie. Mais parfois dur d’imprimer ça dans nos têtes et cœurs d’Européens, au mental toujours prompt à juger, évaluer, comparer…
Nos journées se déroulent tranquillement ici, rien ne presse. Aller faire les courses au village (pas de frigo), laver et étendre le linge (pas de machine !), faire la cuisine, rendre visite à d’autres français, se promener sur les routes de terre et se baigner dans les bassins de rivières, aller écouter ou voir les manifestations locales (cirque, folklore etc…). On ne peut pas prétendre faire de grosse randonnée avec loulou, nous n’avons pas de système de portage adéquate, et il est sacrément lourd maintenant ! (pas loin des 13 kg !)
La soirée de Noël s’est déroulée à la maison, avec Sabrina et Kian (notre amie Allemande et son fils de 2 ans, pour ceux qui ont oublié !) et son ami brésilien Charles, photographe professionnel. On a préparé le repas avec Xav (poulet au lait de coco et lentilles aux épices) et Sabrina a apporté le dessert, un gâteau aux carottes recouvert de chocolat, préparé par notre voisin Diego et sa famille (ils ont un restau végétarien juste à côté).
Pour le jour de l’an, on n’a rien fait ! Les autres français avec enfants (Xavier, Hortense, Zakia et Corto) étaient aussi coincés (pas de nounous ce soir là !) et après un petit tour en ville, fort animée à cette période ( débarquement de brésiliens de Salvador, très bruyants par ailleurs !) et avoir croqué un bout de pizza fabriqué par un copain chilien, on est rentré. Il n’y avait que de la bière à boire ou de l’eau ! Enfin, j’aurais pu acheter une bouteille de rouge, mais en fait j’avais envie de jus de fruits frais… et ce soir là, tout le monde était en rade, donc pas moyen de faire tourner un mixer ! On a du s’éclairer aux chandelles ! (réseau électrique poétique dans ce bled !).
Sinon, on s’est fait masser par Thiago, un brésilien d’Itaparica qui vit en ce moment ici avec Fanny, une Bretonne. Il a appris les massages Thaï en Inde ! LOL ! Rencontre agréable aussi, et qui m’a bien remonté. Je me sens de nouveau en forme !
Voilà, plein de personnes forment notre nouvel univers de Capao… Myriam, Charlotte, Julie, César, Julio, Gersan, Sandra, Marina, Diego, Ariel, Antonio (super coiffeur qui m‘a relooké !)… que personne ne se vexe si j’en oublie ! Et tous ceux dont on croise les visages et les sourires chaque jour, ceux qui parlent avec le cœur même si on ne comprend pas les mots.
On est donc posé là jusqu’au 20 janvier officiellement. Pour la suite, on verra…
Plein de bisous aux lecteurs !

 

Les choses sont bien faites… Nous avons quitté l’état de Rio pour cause de mauvais temps en décembre ( cf l’actualité sur les pluies diluviennes et glissement de terrain vers Ilha Grande !) sans pouvoir concrétiser notre projet de passer dans une communauté du Daime ( « donne moi » en français, nom de la Madre ici) et nous avons rencontré ici à Capao un cercle de personnes qui pratiquent régulièrement, pat le biais de Gersan, un Brésilien d’une cinquantaine d’année qui parle Français (il a vécu en Suisse).

Il nous a aidé à nous organiser pour la journée, à savoir faire garder Loulou; et oui, ils font ici les cérémonies en plein jour !
Nous voici donc parti de bons matin, dans la voiture de Julio un restaurateur voisin, pour un lieu éloigné du centre village, en pleine nature. Nous retrouvons une vingtaine de personnes, hommes et femmes confondues, pour la majorité brésilienne (juste une italienne, un italien et nous deux comme étrangers ! (et peut être d‘autres, mais ca ne se voyait pas..)), et toutes de blanc vêtues.  Je n’ai pas encore demandé la symbolique de cette « couleur » pour eux, cela m’intrigue un peu.
Des nattes sont posées en cercle à même le sol, cercle qui incluse un arbre fantastique aux troncs multiples, et dont les branches s’étirent autour pour nous assurer son ombre et sa protection. Beaucoup de papillons dans le feuillage…
Un autel est dressé au pied de cet arbre, une petite table avec une bougie, une photo, deux bouteilles pleine de Daime (Gasp !), et encore un cadre avec une photo dans les branches; on y voit un visage, une bougie et encore une bouteille du précieux breuvage.
Pas vraiment de maître de cérémonie, cela m’étonne : les plus « anciens » préparent les lieux, donnent des informations aux nouveaux, mais on voit qu’ici tout est une affaire de groupe.  Des carnets de chants sont distribués, avec des paroles en portugais évidemment, deux hommes s’installent au pied de l’arbre avec une guitare, un autre avec une congas(percu brésilienne).
D’abord une prière dite en collectif, qui dure et qui dure (des séries d‘avé maria (10 chaque fois) puis un notre père, et encore 10 avé maria…)… reviennent les noms de Marie, Jésus Christ, Joseph… Bon, j’ai l’impression d’être dans une église en plein air !
Puis les chants commencent, sous l’impulsion de telle ou telle personne, suivant leur connaissance et mémoire de ceux-ci; l’ordre est clairement établi, ma voisine a une liste précise avec des numéros pour ne pas se tromper !! Cela aussi ne manque pas de m’étonner…
Tout le monde chante ou presque, avec beaucoup de cœur et de force; moi, je me sens décalée à vrai dire; même avec le carnet que me tend gentiment ma voisine afin que je l’ai sous les yeux, je n’arrive pas à prononcer un mot ou participer à cette sorte d’allégresse; en fait, j’ai l’impression d’être comme en colonie de vacances chez les scouts !!! (désolée les brésiliens si vous me lisez…)
Les paroles parlent d’amour, de cœur, de joie, et toujours de la Vierge Marie, Jésus Christ, notre Dieu, mais aussi des forces de la nature (vent, terre, eau, ciel, feuilles, lumière…) Les airs sont variés et plutôt plaisants, mais trop omniprésents pour ma part et mon ressenti; pas ou peu de silence entre chaque, ils s’enchaînent sans discontinuer pendant plus de trois heures, même lorsque nous prenons par deux fois un verre de liqueur sacrée (ps: une femme enceinte participe et prend la Madre 2 ou 3 fois ; c’est tout naturel ici, on ne se pose pas la question de savoir si c’est bien ou mal, c’est forcément bon !)
(La madre est proposée 4 - 5 fois, voire plus)
Enfin une pause vers le milieu de la journée… On peut se détendre, s’allonger… Je ne me sens pas trop dans le coup à ce moment; bousculée et gênée par ce rituel si différent de ceux des indiens shuar ou shipibo; je demande à xavier de partager une pipe et du tabac, alors que je suis assise au pied d’un arbre. Je n’ai pris alors qu’une seule fois du Santo Daime, je ne me« sentais » pas ok pour la deuxième; ou trop frileuse ?
On commence alors la deuxième partie de la cérémonie, en fait la suite et le même déroulement que le matin; chants et chants, prises de Médecine sacrée. Là, je me sens partir, ivre de la médecine, et je m’éloigne du groupe pour me coucher sur le sol; cela est permis de le faire, mais on vient régulièrement me voir et me faire comprendre que le travail se fait en groupe, et que dès que je le peux et veux, il est intéressant que je regagne le cercle. En fait, je me sens mieux seule avec la médecine pour la vivre en conscience et présence; les chants et la présence des autres me gênent à ce moment.
Je me vois voler dans un espace clair, un ciel lumineux éclairé par un soleil énorme et brillant; des pans de murs percés de portes ouvertes arrivent sur moi et me cachent la vue de cet astre que je veux rejoindre; je passe les portes une à une, sans relâche, avec l’espoir d’atteindre une portion de ciel sans obstacles…
Je me rapproche du cercle en fin d’après midi, mais je reste à la périphérie, en écoute de mon corps, de mes sensations, des chants…
Enfin, on nous fais signe de rejoindre le groupe, Xavier, moi et quelques autres pour la « clôture »; chants rythmés de pas de danse, prières, et remerciements qui s’éternisent ! LOL !
Les Brésiliens ont le cœur sur la main et sur les lèvres; ils parlent avec volubilité et sincérité, et même si je ne comprends pas toutes leurs paroles, leurs mots viennent droit au cœur, leur sourire, leurs chants de remerciement et leurs larmes aussi. Leurs accolades de même.
Mais c’est qu’on commence à avoir vraiment faim et je m’inquiète un peu pour Loulou alors que le jour tombe rapidement ! (on pensait rentrer plus tôt !)
Notre chauffeur du matin est injoignable, il continue de chanter et chanter avec les guitaristes ! Je ne veux pas le déranger, et on prend donc la décision de rentrer à pied, en espérant avoir une voiture qui nous prenne en auto stop.
Est-ce mon stress qui grandit avec la nuit qui tombe et les premières étoiles qui s’allument, le fait que nous soyons à près de 5-6 km de la maison, de savoir que Loulou nous attend, qu’on ne peut contacter sa nounou…? Les voitures, peu nombreuses, passent et ne s’arrêtent pas, malgré nos signes de bras … On file donc en tongs dans la nuit sur une route de terre peu régulière, sans voir ou on pose nos pieds; quand je trouve enfin un café pour demander une moto taxi, une voiture s’arrête et nous amène au village… Loulou est tranquille avec Aneth sa Nounou, bien que fatigué; nous aussi; On se couche vite.
Le lendemain matin, alors que l’on est devant notre maison à étendre le linge, un jeune homme arrive et nous aborde directement en nous questionnant et nous parlant du Daime ! Il sait (comment ? Bon, ici, le téléphone arabe fonctionne très bien !) que l’on a participé à une cérémonie, nous parle de son expérience, et nous propose de fumer du  DMT, un mélange de plante qui donne un effet de voyage comme la Daime, mais beaucoup plus court (de 5 à 10 mins) …bon, à voir !
Gersan m’a dit aussi la veille, à la fin de la cérémonie, qu’il organiserait chez lui une autre rencontre avec la plante, un peu différente… Il l’a pratiquée aussi avec les indiens Chakinawa du brésil, et a donc une autre vision…

En ce matin du 5 janvier 2010, nous nous levons déjeunons rapidement quelques fruits frais, puis la nounou (Anette) arrive vers 8h, signalant l’heure du départ pour nous…

Nous prenons la voiture de Julio, propriétaire d’un petit restaurant ou nous avons dîné plusieurs fois (une vieille fiat Uno déglinguée, mais qui démarre au quart de tour), direction la cérémonie santo daime…
Nous roulons plus que ce que je n’avais imaginé, nous sommes très excentrés de la ville, 5-6 Kms (sur des chemins de terre ca semble très éloigné  :D) …
Nous arrivons aux abords d’une clairière au milieu de la végétation de type garigue nous nous arrêtons et marchons quelques mètres et nous arrivons dans la clairière; plusieurs grands arbres nous protègent du soleil Brésilien, nous nous posons au pied d’un arbre immense, dont le tronc ressemble un peu aux tentacules d’une grande pieuvre, il crée au dessus de nous une espèce de bulle (demie bulle) excellente protection contre le soleil et l’agitation du monde extérieur…
Salutations, présentations rapides, puis la cérémonie commence, une série interminable d’ « avé maria » et de « notre père » commence (je n’ai pas vraiment compté, quoi que je n’avais pas vraiment autre chose à faire… il me semble des séries de 10 avé maria entrecoupés de notre père, ceci répété tellement de fois que je me suis demandé si a un moment cela s’arrêterai…)
Une fois ces prières terminées, nous passons près de l’autel,  Flavio, le maitre des lieux et « distributeur » de santo daime nous donne un verre de breuvage, il descend tout seul, je sens que l’appel que je ressens depuis maintenant quelques temps pour travailler avec la Madre m’aide bien a boire…
Un petit sursaut de mon estomac, mais tout reste en place… Nous nous asseyions, et les chants débutent, au début un peu gêné par ces chants, je fais l’effort de lire le petit livre que Julio (notre chauffeur) me tend, d’abord un peu difficile, je ne maitrise pas le portugais, alors, lire et chanter ce que je lis, c’est pas évident, mais je ressens ces chants comme un chemin, tracé pour aider la Madre dans son travail, cela peut paraître étrange pour un allergique au christianisme comme moi, mais ces chants me parlent bien… Je ne comprend pas tout, mais bien 50-60% de ce que je lis/chante.
Les chants sont un peu trop présents a mon gout, mais je sens leur objectif, et cela me parle…
Deuxième prise, je ressens peu l’effet de la première prise, j’y vais donc avec entrain… C’est comme un décollage un peu lent…
Les chants continuent, et rapidement, mon corps se relâche, la lecture devient difficile, voire impossible, le sol bouge, l’ombre des feuilles de notre arbre dessine de fabuleux dessins sur le sol couvert de feuilles sèches tombées de l’arbre. J’entrevois un Lion au milieu de ces dessins, puis plusieurs animaux, les visions sont rapides, pas évident de suivre, mon corps réclame du repos, une position allongée, mais je sens les chants me porter je reste donc assis dans le cercle (il ne faut pas se coucher dans le cercle).
Cela dure un moment, j’essaie de temps en temps de me raccrocher au train des chants qui filent a vive allure, mais mes yeux ont vraiment du mal avec les lettres qui dansent sur le papier (d’autant que c’est écrit en portugais…), mais je me sens faire partie du cercle, du groupe qui accompagne le travail de la Madre par ses chants.
Je me sens connecté à la terre, plus encré que je ne l’ai jamais été, je me sens faire Un avec la terre, un contact doux et enveloppant, comme une nouvelle découverte, l‘énergie de la Madre est avec moi, me guide dans ce voyage intérieur.
J’atterris doucement, juste au moment de la pause, une légère euphorie reste néanmoins présente, j’attrape ma pipe, j’ai bien besoin de me reconnecter au Padre, il m’a un peu manqué pendant ce début de cérémonie…
Je m’écarte donc du groupe, pour prier en compagnie du bon Padre, une petite pause au milieu de cette journée de chants..!!
Je rejoins ensuite Virginie pour partager avec elle ma « Pocket chenupa », un moment de prière encore intense, l’euphorie commence doucement à me quitter, la redescente est douce, et accompagnée des chants des « troubles fêtes » qui continuent a chanter (la pause devait être faite en silence…)
Pendant la pause, ils déplacent le feu, drôle d’idée :D (il faudra qu’on demande pourquoi..)
Une pause trop courte a mon gout, je serai bien resté étendu au sol un peu plus longtemps!!
Une nouvelle prise, les chants reprennent, toujours aussi intenses, avec des variations de rythme, souvent assis, parfois debout, les guitares nous accompagnent, la percu aussi, ainsi que les maracas disséminées dans le cercle..
Je sens au fond de moi la raison de ces chants, cette tradition est emplie de religion chrétienne, et les chants permettent de travailler avec la Madre, sans trop en ressentir l’effet; les chants servent de « camouflage ». (enfin, c’est mon ressenti!!)
Certaines personnes se lèvent pour reprendre du daime, je les suis, je sens un appel, un besoin irrépressible de ce contact à la Madre.
L’effet n’est pas le même qu’au matin, une euphorie, le corps léger, mais plus de visions, j’accompagne donc les chants avec ferveur, je sens cet esprit de groupe, cette envie de se faire du bien ensemble, de profiter de l’allégresse donnée par le daime, je sens les gens le cœur ouvert autour de moi, c’est incroyable cet esprit de communion!! Même avec des gens qu’on apprécie vraiment, je n’ai jamais senti cet ouverture du cœur en France, alors qu’ici, il y avait plusieurs « étrangers » au groupe, et tout le monde était dans le coração (je crois que ca s’écrit comme ça…)
Une nouvelle prise, toujours pas l’effet du matin, mais d’autres sensations, légèreté, douceur, sensation de voler, planer au dessus du sol, toujours en chantant.
Puis, j’ai besoin d’une pause, j’attrape a nouveau ma pipe, et pour ne pas gêner la cérémonie, je m’éloigne du groupe, pour de nouveau appeler le Padre a mes cotés.
Au retour de ma pause, mon mental commence a lâcher un peu, mon corps devient difficile a dompter, je m’assied dans le cercle, mais ils se lèvent et expliquent qu’on va danser en chantant ensemble (une danse simple, enfin qui pourrait être simple si mon corps m’obéissait correctement, mais ce n’était pas le cas à ce moment, donc à nouveau pour ne pas gêner le déroulement de la cérémonie (ils sont très très attachés a leurs traditions, il faut absolument suivre la danse sans erreur, être un maillon du groupe, et non pas un individu, je ne m’en sens pas capable à ce moment…) je m’éloigne du groupe pour me coucher a même le sol et profiter de cette communion, ce contact rapproché à la Madre.
Une fois les danses terminées, Flavio me regarde d’un coin d’œil me demandant de rejoindre le cercle pour clôturer la cérémonie, à nouveau des chants, des prières, puis des remerciements, certaines personnes savent faire dans le rapide, d’autres moins… comme en France…, sauf que celles qui ne savent pas faire dans le rapide le font tellement avec le cœur que c’est moins dérangeant…
Mais le soleil commence à être très bas, il se couche, il doit donc être autour de 18h, l’heure à laquelle nous avions dit à notre nounou que nous rentrions…
Une fois le cercle ouvert, les gens qui s’éparpillent, discutent, les accolades, les câlins, les remerciements persos, puis virginie commence à stresser… elle fait sa virginie… Nous partons donc, on nous propose d’appeler des motos taxis, mais nous préférons faire du stop pour rentrer…
Je sens Virginie dans un stress tellement grand qu’elle n’arrive pas à avoir confiance, nous avons donc du mal a trouver une voiture (ceci est mon ressenti!!!!!!!)
Une fois arrivé dans le bout de village suivant (nous avons déjà marché bien 30-40mins) virginie se dirige vers le bar pour essayer d‘appeler un moto taxi, et je vois une voiture arriver… je lève donc le pouce, et elle s’arrête… (c’est bien quand vivie « lâche » enfin!!), nous voila donc installés dans un 4x4 pour la fin du trajet… à notre arrivée Loulou semble bien, la nounou n’a pas du tout eu l’air de se soucier de notre retard… (le Brésil et ses gens pas prise de tête… la même chose arrive en France, on se fait embêter par la nounou pendant des heures…)
Voilà, une journée de cérémonie très forte, j’avais quelques à priori à propos des chants religieux, mais je ne les ai pas vécus comme des chants religieux, plus comme un appel à la lumière à venir en nous…
C’était vraiment une belle journée..!!

Xavier.

Je suis bien occupé, mais je vais essayer de vous raconter quelle est ma vie ici…

J’ai maintenant une petite chambre rien que pour moi, avec ma tente et un vrai matelas. J’y dors bien maintenant, surtout que les nuits ici sont plus fraiches ! Je me blottis contre mon doudou « djédjé » et aussi ma peluche chien et ma peluche chat, que l’on m’a donnés ( une petite dame d’Ipanéma et une jeune baby sitter d’ici !)
Le chant des coqs me réveille de bonne heure le matin, et  je bondis hors de ma tente pour retrouver Papa et Maman dans leur lit, avec mon plus grand sourire ! Je les harcelle un peu jusqu’à ce qu’ils daignent se lever pour me servir mes céréales et me faire un bon jus de fruits frais… J’en mets un peu partout par terre, mais bon, c’est comme ça qu’on apprend !
Ensuite, j’attrape mes chaussures que je tends à maman pour lui dire que j’aimerais bien aller courir un peu dehors; une fois chaussé, je file direct au restau de Diego le voisin ( même sans papa et maman parfois !): je vais chipper quelques bricoles en cuisine (ben, ils m’adorent tous !), je tire les oreilles du grand chien qui dort le jour (et aboie la nuit; ndlr), j’attrape le bébé chat qui court partout, je joue aux voitures ou ballon avec les enfants de passage, je fais de la balançoire, je cours après les poules, je fais une crise pour avoir le gros camion de Kian (encore !) et parfois même je le mords quand il ne veut pas me le prêter (et du coup, il m’a fait la tête un bon moment, malgré mes caresses et câlins pour récupérer le coup).
A la fin de la matinée, nous allons au village faire les courses pour le repas de midi. Des fois je marche, mais je suis lent et aussi je râle beaucoup pour être porté. C’est que je suis déjà fatigué ! En passant devant le premier supermarché, je crie « bombom », car j’adore leur petite boule de chocolat fourré et craquantes enveloppées d’un joli papier rouge; je vais même me servir tout seul, et si papa et maman ne veulent pas m’en prendre un, je me roule par terre en pleurant très fort; souvent ça marche et je repars un peu consolé avec la bouche toute marron et les yeux tous rouges !
A la boutique des fruits et légumes je pique souvent une petite pomme d’ici pour croquer dedans ou même des grains d’anis dans le bocal que je mâche avec des grands « mmmm » les yeux ravis ! Ça fait rire tout le monde !
De retour à la maison, Papa et Maman cuisinent, et parfois je m’endors avant le repas en serrant très fort mon « djédjé » contre moi sur le grand lit double. Tant pis, je mange à 14 h !
L’après midi, c’est toujours différent… parfois on va au cirque, comme quand maman a pris des cours de Samba, et j’en profite pour courir sous le chapiteau et me jeter sur les super énormes matelas; papa me fait faire des cabrioles et des acrobaties, c’est trop génial ! Il y a souvent d’autres enfants qui jouent aussi et des artistes qui s’entrainent… Parfois on part en promenade, se baigner ou rendre visite à des amis qui habitent d’autres maisons plus loin, et Papa me porte sur le côté avec une écharpe; ou bien on fait de l’auto stop (grâce à moi ça marche bien !) ou bien on prend une moto taxi ! Vroum vroum ! Sur les chemins en terre et avec les bosses c’est trop marrant !
Parfois on va sous le kiosque couvert de la place du village ou viennent jouer d’autres enfants au foot, au vélo… J’en profite pour faire le tour des voitures, pick up, 4X4, camions, en criant vroum vroum et en essayant de monter dedans, mais maman ne veut pas. Alors souvent je crie et je pleure car je suis très déçu. Sauf  les jours où on part à Palmeiras, pour aller à la banque : là on prend d’abord un 4X4 pendant une heure qui saute dans les bosses et les ornières, et au retour, un minibus toujours bondé où on est très serré les uns contre les autres, avec plein de marchandises par terre et sur les genoux !
Comme à 18h il commence à faire nuit, on rentre à la maison (c’est pas toujours bien éclairé ici !) et maman me fait couler un bon bain dans la grande bassine à lessive que nous a prêté Sandra la propriétaire. L’eau est jaune ici, puisqu’elle vient des rivières et des montagnes voisines qui ont beaucoup de fer. Quelques récipients et je m’amuse à transvaser pendant 20 mn, puis je dois sortir car l’eau est déjà froide et je risque de m’enrhumer. Câlins sur le grand lit avec Papa et maman, repas du soir, Pyjama, encore câlins, puis je m’endors très vite, vers 20h, avec « Djédjé », « woufwouf » et « miaou » dans mon lit-tente…

Pfiouuuu !

Quelle vie trépidante !