En ce matin du 5 janvier 2010, nous nous levons déjeunons rapidement quelques fruits frais, puis la nounou (Anette) arrive vers 8h, signalant l’heure du départ pour nous…

Nous prenons la voiture de Julio, propriétaire d’un petit restaurant ou nous avons dîné plusieurs fois (une vieille fiat Uno déglinguée, mais qui démarre au quart de tour), direction la cérémonie santo daime…
Nous roulons plus que ce que je n’avais imaginé, nous sommes très excentrés de la ville, 5-6 Kms (sur des chemins de terre ca semble très éloigné  :D) …
Nous arrivons aux abords d’une clairière au milieu de la végétation de type garigue nous nous arrêtons et marchons quelques mètres et nous arrivons dans la clairière; plusieurs grands arbres nous protègent du soleil Brésilien, nous nous posons au pied d’un arbre immense, dont le tronc ressemble un peu aux tentacules d’une grande pieuvre, il crée au dessus de nous une espèce de bulle (demie bulle) excellente protection contre le soleil et l’agitation du monde extérieur…
Salutations, présentations rapides, puis la cérémonie commence, une série interminable d’ « avé maria » et de « notre père » commence (je n’ai pas vraiment compté, quoi que je n’avais pas vraiment autre chose à faire… il me semble des séries de 10 avé maria entrecoupés de notre père, ceci répété tellement de fois que je me suis demandé si a un moment cela s’arrêterai…)
Une fois ces prières terminées, nous passons près de l’autel,  Flavio, le maitre des lieux et « distributeur » de santo daime nous donne un verre de breuvage, il descend tout seul, je sens que l’appel que je ressens depuis maintenant quelques temps pour travailler avec la Madre m’aide bien a boire…
Un petit sursaut de mon estomac, mais tout reste en place… Nous nous asseyions, et les chants débutent, au début un peu gêné par ces chants, je fais l’effort de lire le petit livre que Julio (notre chauffeur) me tend, d’abord un peu difficile, je ne maitrise pas le portugais, alors, lire et chanter ce que je lis, c’est pas évident, mais je ressens ces chants comme un chemin, tracé pour aider la Madre dans son travail, cela peut paraître étrange pour un allergique au christianisme comme moi, mais ces chants me parlent bien… Je ne comprend pas tout, mais bien 50-60% de ce que je lis/chante.
Les chants sont un peu trop présents a mon gout, mais je sens leur objectif, et cela me parle…
Deuxième prise, je ressens peu l’effet de la première prise, j’y vais donc avec entrain… C’est comme un décollage un peu lent…
Les chants continuent, et rapidement, mon corps se relâche, la lecture devient difficile, voire impossible, le sol bouge, l’ombre des feuilles de notre arbre dessine de fabuleux dessins sur le sol couvert de feuilles sèches tombées de l’arbre. J’entrevois un Lion au milieu de ces dessins, puis plusieurs animaux, les visions sont rapides, pas évident de suivre, mon corps réclame du repos, une position allongée, mais je sens les chants me porter je reste donc assis dans le cercle (il ne faut pas se coucher dans le cercle).
Cela dure un moment, j’essaie de temps en temps de me raccrocher au train des chants qui filent a vive allure, mais mes yeux ont vraiment du mal avec les lettres qui dansent sur le papier (d’autant que c’est écrit en portugais…), mais je me sens faire partie du cercle, du groupe qui accompagne le travail de la Madre par ses chants.
Je me sens connecté à la terre, plus encré que je ne l’ai jamais été, je me sens faire Un avec la terre, un contact doux et enveloppant, comme une nouvelle découverte, l‘énergie de la Madre est avec moi, me guide dans ce voyage intérieur.
J’atterris doucement, juste au moment de la pause, une légère euphorie reste néanmoins présente, j’attrape ma pipe, j’ai bien besoin de me reconnecter au Padre, il m’a un peu manqué pendant ce début de cérémonie…
Je m’écarte donc du groupe, pour prier en compagnie du bon Padre, une petite pause au milieu de cette journée de chants..!!
Je rejoins ensuite Virginie pour partager avec elle ma « Pocket chenupa », un moment de prière encore intense, l’euphorie commence doucement à me quitter, la redescente est douce, et accompagnée des chants des « troubles fêtes » qui continuent a chanter (la pause devait être faite en silence…)
Pendant la pause, ils déplacent le feu, drôle d’idée :D (il faudra qu’on demande pourquoi..)
Une pause trop courte a mon gout, je serai bien resté étendu au sol un peu plus longtemps!!
Une nouvelle prise, les chants reprennent, toujours aussi intenses, avec des variations de rythme, souvent assis, parfois debout, les guitares nous accompagnent, la percu aussi, ainsi que les maracas disséminées dans le cercle..
Je sens au fond de moi la raison de ces chants, cette tradition est emplie de religion chrétienne, et les chants permettent de travailler avec la Madre, sans trop en ressentir l’effet; les chants servent de « camouflage ». (enfin, c’est mon ressenti!!)
Certaines personnes se lèvent pour reprendre du daime, je les suis, je sens un appel, un besoin irrépressible de ce contact à la Madre.
L’effet n’est pas le même qu’au matin, une euphorie, le corps léger, mais plus de visions, j’accompagne donc les chants avec ferveur, je sens cet esprit de groupe, cette envie de se faire du bien ensemble, de profiter de l’allégresse donnée par le daime, je sens les gens le cœur ouvert autour de moi, c’est incroyable cet esprit de communion!! Même avec des gens qu’on apprécie vraiment, je n’ai jamais senti cet ouverture du cœur en France, alors qu’ici, il y avait plusieurs « étrangers » au groupe, et tout le monde était dans le coração (je crois que ca s’écrit comme ça…)
Une nouvelle prise, toujours pas l’effet du matin, mais d’autres sensations, légèreté, douceur, sensation de voler, planer au dessus du sol, toujours en chantant.
Puis, j’ai besoin d’une pause, j’attrape a nouveau ma pipe, et pour ne pas gêner la cérémonie, je m’éloigne du groupe, pour de nouveau appeler le Padre a mes cotés.
Au retour de ma pause, mon mental commence a lâcher un peu, mon corps devient difficile a dompter, je m’assied dans le cercle, mais ils se lèvent et expliquent qu’on va danser en chantant ensemble (une danse simple, enfin qui pourrait être simple si mon corps m’obéissait correctement, mais ce n’était pas le cas à ce moment, donc à nouveau pour ne pas gêner le déroulement de la cérémonie (ils sont très très attachés a leurs traditions, il faut absolument suivre la danse sans erreur, être un maillon du groupe, et non pas un individu, je ne m’en sens pas capable à ce moment…) je m’éloigne du groupe pour me coucher a même le sol et profiter de cette communion, ce contact rapproché à la Madre.
Une fois les danses terminées, Flavio me regarde d’un coin d’œil me demandant de rejoindre le cercle pour clôturer la cérémonie, à nouveau des chants, des prières, puis des remerciements, certaines personnes savent faire dans le rapide, d’autres moins… comme en France…, sauf que celles qui ne savent pas faire dans le rapide le font tellement avec le cœur que c’est moins dérangeant…
Mais le soleil commence à être très bas, il se couche, il doit donc être autour de 18h, l’heure à laquelle nous avions dit à notre nounou que nous rentrions…
Une fois le cercle ouvert, les gens qui s’éparpillent, discutent, les accolades, les câlins, les remerciements persos, puis virginie commence à stresser… elle fait sa virginie… Nous partons donc, on nous propose d’appeler des motos taxis, mais nous préférons faire du stop pour rentrer…
Je sens Virginie dans un stress tellement grand qu’elle n’arrive pas à avoir confiance, nous avons donc du mal a trouver une voiture (ceci est mon ressenti!!!!!!!)
Une fois arrivé dans le bout de village suivant (nous avons déjà marché bien 30-40mins) virginie se dirige vers le bar pour essayer d‘appeler un moto taxi, et je vois une voiture arriver… je lève donc le pouce, et elle s’arrête… (c’est bien quand vivie « lâche » enfin!!), nous voila donc installés dans un 4x4 pour la fin du trajet… à notre arrivée Loulou semble bien, la nounou n’a pas du tout eu l’air de se soucier de notre retard… (le Brésil et ses gens pas prise de tête… la même chose arrive en France, on se fait embêter par la nounou pendant des heures…)
Voilà, une journée de cérémonie très forte, j’avais quelques à priori à propos des chants religieux, mais je ne les ai pas vécus comme des chants religieux, plus comme un appel à la lumière à venir en nous…
C’était vraiment une belle journée..!!

Xavier.