Voilà qu'après 5 mois passés au Brésil, nous étions enfin contents de prendre le chemin du retour . Tout roule, on arrive à Fortaleza après notre derniers mois passé à Morro Branco, on choisit une petite pension de famille pour une nuit, on va faire nos dernières courses et cadeaux au marché central... Nous voilà bien chargés, une quarantaine de kg de bagages maintenant !

Et puis, Luis, le propriétaire de la pousada nous demande si on est au courant pour notre vol de retour, si c'est toujours valable vu que beaucoup d'aéroports européens sont fermés. Là, on hallucine, on n'a pas entendu parler de l'éruption en Islande !(aucun amis de france ne nous a informé par mail, bien que notre retour soit programmé et qu'une amie soit passée nous voir au brésil quelques jours avant... Elle est rentrée mardi, juste à temps !) On va sur internet, les infos brésiliennes sont peu intéressantes à ce sujet... Et on découvre ce qu'il en est de la situation en Europe !
Lyon, où nous sommes censés atterrir n'est pas dans la liste des aéroports fermés, ce vendredi matin là (enfin, c'est déjà presque l'après midi en France). Et Lisbonne (nous passons par la TAP) semble à l'écart de l'agitation. Ouf !
Avant de partir à l'aéroport, le soir à 19h ici (+ 5 h en France) nous vérifions la situation de l'aéroport de Lyon, d'autant plus qu'on apprend par nos parents que des amis qui avaient un vol Lyon/Nantes ont été refoulés un peu plus tôt!
Là, sur le site, ils annoncent la fermeture de l'aéroport, mais notre vol est dans la liste des maintenus (lisboa/Lyon). Cool, nous prenons notre taxi et débarquons à l'aéroport de fortaleza tranquilles, avec 4h d'avance... Loulou a du mal à s'endormir, malgré sa poussette inclinable, et quand nous allons enregistrer notre monstrueux tas de bagages à 22h locales, il ne dort toujours pas, bien que fatigué. Il court partout...Là, un employé de tap nous aborde et demande notre destination." Ok, Lyon est maintenu !" Cool, nous voilà dans les starting blocs pour l'enregistrement... Puis il revient 5 mn plus tard: "désolé, ça vient de tomber, on ne peut assurer votre vol Lisboa/Lyon ! Il vaut mieux que vous restez au brésil encore deux jours!"
A ce moment, xav n'est plus très cool: « et qui va nous payer des nuits supplémentaires ? et les frais annexes ? La compagnie ?? » Non, catastrophe naturelle... On est un peu sidéré, et on reste quelques instants comme ça, sans savoir quoi décider, bien qu'on nous indique le comptoir de la TAP pour les formalités... On finit par s'y rendre, car tous les européens refoulés viennent s'y entasser.
Et seulement une employée au bureau, qui met environ 50 mn par personne ou groupe de personnes pour proposer un autre vol...Viva Brasil !
Derrière nous, des belges, on discute un peu... Le père travaille à Fortaleza, sa fille devait rentrer en Belgique... Loulou s'agite encore, on doit le distraire alors qu'on en a déjà par dessus la tête. Une heure d'attente, à 23h locale on est devant l'employée fade et lente, qui n'arrive pas à lire les infos sur son écran. " Pas de retour avant Mercredi 22 !!" Gloups. On est vendredi soir... On n'a plus de budget vacances, on n'a plus de maison en France (toutes nos affaires dispersées chez des amis), on doit retrouver une nounou pour Loulou d'ici début Mai, quand je reprends le boulot...
Mais pas le choix...C'est clair. Résignés. Loulou a fini par s'écrouler dans sa poussette. Dommage, on va devoir reprendre un taxi (encore des frais sup, et tarifs de nuit en plus !) On retourne donc à la pousada où nous étions, à Iracéma... Loulou dort sur moi dans le taxi, et on a xav et moi la tête dans un nuage de cendres grises.
Bon, il y a carrément pire pour être coincés que Fortaleza... On pourrait être à ... Oslo? à Moscou? à Washington? Ce qui est con, c'est que j'ai jeté mon maillot de bain local (que j'avais pourtant eu tellement de mal à trouver !!voir mon post sur notre site dans BONUS) car il se décousait un peu et que je ne pensais vraiment pas l'utiliser en France ! Faut bien en rire un peu... Et pis, il y a tous ces passagers qui campent dans les aéroports Européens...
Et voilà comment un petit pet de Pachamama nous rappelle gentiment notre fragilité et dépendance dans ce monde fabriqué de toute pièce par l'homme moderne...
Mais vivement qu'on rentre !!!