Atterrissage au tout petit aéroport de Fortaleza, après deux heures de survol des côtes brésiliennes : on cherche le bureau de la police fédérale pour faire nos visas de prolongation, et on apprend qu’ils ont déménagé dans le quartier « Fatima » du centre ville… Bon, on ira donc plus tard

On réserve une chambre depuis l’aéroport, dans un petit hôtel avec minuscule piscine pas loin du bord de mer, dans le quartier de Meireles. Un taxi nous y conduit, après que Loulou ait été gratifié d’un câlin par une femme-chauffeur au teint et aux yeux clairs; tiens, changement de décor, changement de couleur… La voiture traverse la banlieue de maisonnettes et nous apercevons au loin une bande de buildings modernes, qui longent le bord de mer. C’est là bas que nous allons.
Accueil sympa, chambre minuscule et sans fenêtre, mais la piscine est juste à côté dans une petite cour intérieure qui donne après un hall sur la grande et bruyante avenue Aboliçao. Bon, mais va falloir surveiller Loulou (pas de sécurité !).
Nous pensons tout régler en deux jours, mais c’est sans compter la lenteur de l’administration brésilienne…Xavier nous trouve non sans mal sur le net une partie des documents à remplir, pour la banque (dépôt d’argent, et oui, ça nous coûte 67 Réals par personne) et pour la police, ainsi que la démarche à suivre. Chouette, on va gagner du temps ! Hum…optimistes.
Le lendemain, nous partons à la banque à pied, en suivant la belle et grande promenade qui habille le bord de mer et de plages de Fortaleza (trop cool, on peut enfin utiliser la poussette sur un terrain adapté! Épaules et dos soulagés…). D’un côté l’océan, quelques bateaux, du sable, des cabanons qui proposent sandwichs, boissons, brochettes, tabacs, journaux,  des terrains de sport (j’ai oublié de dire : les brésiliens sont fans de sport : à 6 h du mat ou 6h du soir, ils sont en tenue dans les rues et les multiples terrains et espaces d’échauffements des villes; jogging, foot…bou ! Ça me fatigue !) et de l’autre côté une avenue à sens unique, des buildings entourés de murs avec tessons ou barbelés et gardes armés qui font pas rire et qui sont sur leur tourelle de sécurité. Ben alors, ya des problèmes par ici ??  On arrive à la banque avant 10 heures, heure d’ouverture des guichets (ben oui, on est au brésil !) et il y a déjà une longue file d’attente. Où Est-ce que j’ai lu qu’il fallait être armé d’une grosse dose de patience ici ? Ah oui, dans le routard. Mais c’est sans compter  Loulou , remarqué par un gardien et qui nous dirige dans la file prioritaire : handicapés, personnes âgées, femmes enceintes… bon, finalement, on est sorti vers 10h30 ! On attrape un taxi et on file à l’adresse de la police fédérale. Alors là, la salle d’attente est pleine  (une trentaine de personnes) et d’autres arrivent encore… Le type de l’accueil m’écoute gentiment lui expliquer la raison de ma venue, fait mine de regarder mes papiers, et me répond sur un ton implacable qu’il ne donne plus de numéros aujourd’hui (entendre tickets d’attente) et qu’il faut repasser demain à 8 h. Ah ? Je croyais que ça fermait à 16 H ? bon, dépités, on rentre direct à l’hôtel.
Le soir, rien d’autres à faire que se promener le long du bord de mer : c’est incroyable le monde qu’il y a au coucher du soleil ! Sportifs qui s’agitent (euh, désolée…) avec ou sans musique, touristes nationaux ou internationaux qui glandouillent (ça c’est nous entre autres), locaux qui font des affaires au marché artisanal qui stationne tous les soirs ici, autres locaux qui font la manche de différentes façons : en se peignant avec une couleur argentée (pourquoi pas ? Hum…pas bio la peinture), en posant comme une statue, en se refaisant la face avec de l’argile (impressionnant !), en grattant ou tapant un instrument, en tendant la main tout simplement dans le cas des nombreux handicapés que nous croisons ici ( étrange d’ailleurs, on en n’avait jamais vu ! ). Leurs membre sont souvent déformés et inutilisables… c’est quoi ? Aucune idée mais ça brasse…
Lever à 6h30 pétante (pas dur pour Loulou mais terrible pour mon Xavier !!) , tit dej vers 7h, taxi à 7h30, et arrivée à la police fédérale à 8h05. Ben mince, la salle est déjà remplie ! A l’accueil, on me donne le numéro 17 de la file des « estrangeiros ». Alors on s’assoit gentiment. Trois heures plus tard, Loulou est intenable, et on en est au numéro trois ! Là je pète un plomb. Je retourne à l’accueil, Loulou sous le bras, et pas besoin de grand discours, on m’échange mon ticket 17 normal contre un prioritaire numéro 5 ! Merci mon Loulou ! Une demi heure plus tard on est face au fonctionnaire qui gère notre dossier : pas souriant, il nous refait remplir un formulaire (celui du web ne lui convient pas…), demande nos cartes d’entrée, passeports, et… billets de retour ! Gloups ! On ne les a pas encore achetés! Je tente de lui expliquer le pourquoi du comment, mais il est agacé et nous dit par deux fois que c’est un problème pour le dossier. Puis il disparait avec nos passeports pendant 10mn. Pendant ce temps là on croise les doigts, et on occupe Loulou avec le stylo qu’il nous a prêté et que notre petit bonhomme s’affaire à démonter.
Quand il revient, ce n’est plus le même homme : sourire et attitude chaleureuse (ben, il s’est passé quoi?) , il ne reparle plus du billet mais nous demande des photocopies des passeports ( ben il n’y a pas de photocopieuse au bureau de la police fédérale, voyons !). Et faut refaire la queue après ?? Non… Ouf ! On nous indique ou trouver une photocopieuse dans le quartier : il est 11h30, le magasin est fermé. Je demande à la voisine les horaires (non affichés). Réponse :
« elle ouvre un peu plus tard !
- C’est quand plus tard ?
- A 10H30.
- Mais il est 11H30 !
- Ah… »
Fin de la conversation.
Bon je passe les péripéties suivantes, mais la proprio finit par rouvrir, peu de temps avant midi (vraiment, les brésiliens et l’heure, c’est comme les français et le pudding anglais).
Et à midi dix notre dossier est clôt, nos passeports tamponnés ! Waouh !
Bon, alors, on va où maintenant ? Le lendemain matin, nous allons à la gare routière, en décidant de prendre le premier bus pour une des destinations que nous avions remarqués… et c’est finalement Jericoacoara qui sort à la loterie. Un ancien village de pêcheur dans les dunes de sable, nouveau paradis du kite surf, sand board, wind surf… Go !