Après Fortaleza, il nous fallait un petit coin tranquille, sans trop de touristes, pas trop cher, et agréable...

Nous avions opté pour Mundaù, mais la seule pousada indiquée dans le routard (si vous voyagez au brésil, oubliez le routard!!) avait eu l'air pleine quand on a appelé (ils n'ont pas vraiment fait l'effort de comprendre et de se faire comprendre...).

On se décide donc a aller à Jericoacoara (raccourci en Jeri pas les Brésiliens), un ancien village de pécheurs reconverti en village de voyage de noce grâce à ses couchers de soleil légendaires sur l'océan (le seul endroit de la coté atlantique du Brésil ou on peut observer un coucher de soleil sur l'océan..!!).

On part donc de la pousada en taxi (la flemme de galérer avec les bagages dans les bus locaux... on l'a déjà fait, c'est vraiment infernal..!!) direction la rodoviara pour attraper un bus direction Jeri.

Arrivés a la rodoviara on cherche donc la compagnie qui fait les transferts vers Jeri (au Brésil, il y a plein de compagnies, et chacun amène les passagers vers une ou plusieurs destinations..)

Je me pose donc avec Loulou dans un coin, pendant qu'Elle cherche comment nous acheminer vers notre prochain point de chute..

Une fois le ticket acheté, il nous reste un peu d'attente, donc, on se décide à aller manger un morceau.

Puis on monte dans le bus, qui pour une fois est un peu plus confort que les précédents, mais la clim est toujours réglée assez forte (a notre arrivée, mon nez coule, et ma gorge me dit qu'elle se prépare a une petite angine... heureusement, le climat aidant, cela ne dure pas!! et le lendemain, c'est déjà presque oublié.)

Un peu d'attente a Jijoca (le dernier bled ou les routes sont encore bitumées.. après, ce n'est que sable et terre! Donc on monte dans un bus 4x4 (étrange me direz vous, mais depuis que nous nous déplaçons au Brésil plus rien ne nous étonne!!) qui nous conduit dans les méandres de Jijoca jusqu'aux plages de la « réserve Jericoacoara » que nous longeons pendant un temps infini... Il fait nuit, il doit être aux alentours de 21h (il fait nuit a 18-18h30 au Brésil..) et nous arrivons dans un endroit que nous ne connaissons pas, sans contact sur place, et sans pousada pour la nuit...

Bien..!!

Nous descendons du bus avec tous nos compagnons de voyage et a notre arrivée nous attendent 2 filles, une blonde genre suédoise (qui s'avérera être suédoise...) et une locale, tenant dans leurs mains une fiche décrivant une pousada, la Pousada Juventude (elle apparaît dans le routard...). Allez feux, allons-y au moins pour une nuit!

Heureusement elles sont accompagnées d'un gars (qui se révèlera être Argentin et le chéri de Zanna, la suédoise...), ils nous aident a porter nos quelques 40Kgs de bagages en direction de la pousada, nous traversons le village (ca à pas l'air d'être grand, mais avec un sac de 20Kgs sur le dos, ca paraît long..!!).

Une fois arrivés, on se retrouve devant une chambre que Pedro, le proprio est en train de finir de nettoyer... Une chambre spartiate, simple, sans chichis, a la limite du trop simple, mais soit, nous devons nous reposer, les transferts avec Loulou c'est toujours un peu sport...

Après une nuit réparatrice, on se dit que même si la chambre est pas chère (50R$/j ce qui fait la moins chère des pousadas ou nous avons dormi) nous devons trouver une maison a louer ce qui diminuera encore les frais, car le budget se fait de plus en plus serré... (ca va quand même, on n'en est pas réduits à dormir sous les ponts et à manger du sable :P)

Nous voilà donc partis en quête d'une maison a louer... après le p'tit dej bien sur (vous imaginez le Loulou partir de la maison sans avoir mangé..?? oO)

Cela nous permet aussi de faire un petit tour du village, et de nous apercevoir que dans ce village il doit y avoir pas moins de 10 mercadinhos...

Après je me souviens plus bien comment les jours se sont passés, mais nous avons découvert la plage, la mer, la dune (qui est belle et grande, mais minuscule a coté de notre belle dune du pila :P)

Dans notre quête de maison, on a appris que Pedro en avait une à louer, mais elle ne serait libre que quelques jours après... soit, ca nous fera moins de chemin à parcourir avec les bagages étant donné qu'elle se trouve juste à 8m de notre chambre...

Une fois la maisonnette libre, nous en faisons le tour, pas plus de fioritures que dans la chambre ou nous sommes depuis 3 jours... c'est vieux, moche, mais pas pire... vient la discussion du prix...

Ils sont fous ces Brésiliens...^^ De vrais voleurs... Oser nous proposer un prix pareil pour une bicoque pareille... De plus, il y a 2 chambre, et nous risquons de devoir partager la maison durant le carnaval de Jeri...^^ (On ne vous avait pas dit, il y a aussi un carnaval a Jeri... rien à voir avec les carnavals des grandes villes, heureusement, mais quand même...)

Notre cher Pedro essaie de nous apitoyer, de nous faire croire que pendant les 4 jours de carnaval il pourrait tirer 2600R$ de la maison; la blague, cela fait 600R$ par nuit! A ce prix là, les gens vont dans une pousada suréquipée avec un service à l'européenne (entendre pas à la Brésilienne, car ils sont très gentils, mais pour la plupart fainéants)..., pas dans une maison qui ressemble plus à un placard tout droit sorti des favelas, avec un petit dej minable... (j'exagère un peu, enfin à peine...)

Nous faisons donc baisser le prix jusqu'à un niveau acceptable étant donné que nous prenons la maison pour 1 mois et que la maison n'a rien à voir avec une maison de luxe (prix négocié sans petit dej, mais s'pas grave, je vous ai déjà dit qu'il était pas super...) ...

Nous déménageons donc nos bagages et prenons possession de notre nouvelle demeure...

Parlons un peu plus de notre nouveau chez nous... Il y a un bel espace extérieur (par bel, entendre vaste) couvert sous un toit de tuiles... parfait pour avoir un peu d'ombre l'après midi!!

La cuisine est minuscule, il est impossible de cuisiner devant la gazinière pendant qu'une autre personne fait la vaisselle... Nous avons une salle de bain risible... On peut se doucher, chier et se laver les dents en même temps tellement elle est petite!

Notre chambre ne dispose d'aucun rangement, pas facile quand on a plein de bagages à entreposer... Mais l'espace extérieur est grand, et nous passons le plus clair de notre temps dehors...

 

Et notre petite vie de vacanciers installés reprend son cours: le matin, petit dej sur la terrasse ombragée, puis farniente jusqu'à 11h, puis un petit tour en ville, histoire de voir ce qu'on mangera le midi, l'aprem, durant la sieste de Loulou, nous en profitons pour nous reposer, et en fin d'aprem, nous allons sur la plage, pour nous baigner, pour grimper sur la grosse dune de sable, pour voir le coucher de soleil... (Ah, tiens, parlons du coucher de soleil... C'est à se demander si cet exceptionnel coucher de soleil existe... tous les soirs, l'horizon est caché par des nuages, donc le soleil se couche bien sur l'océan, mais ne se couche finalement pas sous nos yeux... super :( ) Ça me rappelle les quelques jours sur la mer des caraïbes, nous n'avons pas vu de couchers de soleil de carte postale... espérons qu'en un mois ici nous arriverons a en voir.. au moins un..!

Les jours se suivent, se ressemblent parfois, mais toujours dans la tranquillité, avec des rencontres tous les jours, Loulou une fois de plus ouvre les portes, nous croisons des gens dans la rue que nous ne connaissons pas, mais qui reconnaissent Loulou du premier coup d'œil, nous avons même été invités par des locaux à manger un poisson (d'après eux une sorte de thon) frais pêché du matin...

L'homme qui nous a interpellé était en fait un policier, ami de Pedro qui avait vu Loulou le jour précédent à la pousada...

Nous voilà donc presque « adoptés » une fois de plus grâce a notre jolie petite tête blonde...

 

Au plaisir de lire vos commentaires et mails nous racontant comment vous êtes bloqués par la neige et congelés par l'hiver le plus froid depuis quelques années...

 

Bisous a tous!!

 

Lui.

 

(Ouuuuah, ca fait quand même un beau pavé :D)

 

 

Ah si, tiens, je vous parlais plus haut des Brésiliens, voleurs... Nous avons trouvé une pousada qui loue des livres, on s'est dit, tiens, super, on va pouvoir se lire un peu des bouquins, en espérant qu'ils en aient des en français... Ben, ouaip, ils en ont en Français... Mais quand il nous a dit le prix, je suis devenu violet... Il prend 20R$ de caution, ça encore, c'est pas pire, mais il nous prend 2R$ par jour la location... ce qui fait qu'en 5jours j'ai quasiment acheté le livre! C'est vraiment des voleurs ces Brésiliens...!! Sans parler du poulet rôti vendu 15R$, de la folle qui a pris 50R$ pour épiler jambes et aisselles d'Elle... et autres joyeusetés... Bienvenue dans les pays qui n'ont pas vraiment des sous et qui pensent que les touristes sont des porte monnaie ambulants... (excusez mon petit sarcasme...)

Je suis assise sur le sable, devant l’océan. Le jour décline. L’astre solaire joue derrière les nuages bas, comme chaque soir. Des vagues parfois aventureuses viennent me lécher les pieds, bien que j’ai pris soin de m’installer au dessus de la limite du sable mouillé. Un peu plus loin, les rouleaux s’écrasent avec une régularité étonnante, faisant la joie des gamins qui bondissent dans l’écume et des kite-surfers que je vois voltiger au dessus de l’eau. Je devine aussi les cris de joie de Loulou, blottis dans les bras de son père, affrontant chaque vague avec un plaisir évident. Des enfants s’agrippent à une barque de pêcheur comme des cow-boys de rodéo, parfois désarçonnés lorsqu'elle rue comme un cheval sauvage sous la force de l’eau tourbillonnante. Pas découragés, je vois leur tête émerger de l’océan et leur bras qui se tendent pour retenter leur partie de rigolade.

A côté, un touriste brésilien mitraille sa femme de photos, qui pose complaisamment sur sa serviette. Une jeune femme arrive et me demande si je peux surveiller ses affaires pendant sa baignade. J’observe sa gracieuse silhouette courir dans les vagues qui arrivent vers elle, puis disparaître un moment avant de vite revenir récupérer ses affaires et poursuivre sa route. Non loin, une autre jeune femme, assise sur son paréo est absorbée par la lecture de son livre; je déchiffre le nom de l’auteur: Agatha Christie; en brésilien à priori.

Dans une folle cavalcade, flirtant avec la marge de l’eau, un attelage à deux roue tiré par un cheval au galop passe devant mes yeux; le cocher promène au soleil couchant trois personnes qui crient sur leur siège, d’excitation à priori. Derrière, des adolescents s’essaient à la monte, après avoir loué des chevaux. La fille est timide, elle va et vient avec son cheval à l’arrière de la plage, en osant à peine trotter. Le garçon, trop lourd, comme beaucoup de brésiliens nourris aux sodas, chips et biscuits, veut absolument lancer sa bête au galop, un magnifique rouan tacheté. Mais son assise est vraiment mauvaise, il est posé comme un sac ! Malgré ses tentatives, l’animal refuse, alors il retourne demander un autre cheval. Un homme lui donne le sien, un autre très beau baie brun. Je souris, car je devine qu’il en sera de même. Effectivement… On ne s’improvise pas exactement cavalier, même si n’importe qui peut louer un cheval au bord de la plage pour 15 réals l’heure.

La dune de sable clair, au loin, est noire de gens : tout le monde attend le fameux coucher de soleil sur l’océan. Promesse : le ciel est zébré de rouge et orange, mais l’astre reste invisible dans son manteau de nuages aux dégradés de gris. Tant pis ! Loulou revient avec son père, heureux mais refroidi, et il vient se blottir sur mes genoux, enroulé dans sa serviette bleue. Je peux caresser de ma joue et de mes lèvres ses petits cheveux encore mouillés et salés, tandis que Xavier repart en solo jouer au dauphin. Sur ce, les premières vagues de la marée humaine descendante arrive jusqu’à moi, quittant la dune pour rejoindre le village et l’animation locale. Tous touristes, comme nous, en majorité brésiliens, de Rio, de Sao Paulo et encore plus loin au sud. Tant de visages différents, de couleurs de peaux et d’yeux, ils défilent devant et derrière moi; femmes en string ou mini short ou tunique, hommes en short de bain. J’ai le vertige. Certains s’arrêtent et m’abordent, ils veulent s’avoir d’où je viens, comment s’appelle Loulou, et parfois demande à le prendre en photo ! Lui, malicieux, distribue des baisers avec ses mains qu’il agite ensuite en leur disant « tiatiao » (chao en brésilien). Il y a des brésiliennes qui manquent de s’évanouir de bonheur. Cabotin va ! Mais il n’en reste pas là : comme résonnent les premiers appels des congas pour le rassemblement quotidien de la capoeira sur la plage, il m’échappe et dans le plus simple appareil esquisse des figures de son style sur le sable; ce qui déclenche des fous rires bien mérités ! Mais les vrais sportifs arrivent, rejoints par les autres musiciens qui jouent de cet instrument au nom imprononçable ressemblant à un arc avec une calebasse pour la résonnance et une pierre pour faire varier le son. Les chants débutent, les premiers courageux se lancent dans la « danse », d’abord tranquillement, en s’évaluant; les duos changent très vite, au milieu du cercle des spectateurs qui tapent des mains en rythme pour les accompagner. Les hommes, très souples, font des figures impressionnantes, qu’il est très difficile de décrire : des corps qui se plient, qui volent et voltigent pour les plus doués. Le rythme accélère à la fin et les meilleurs et plus rapides représentants de la capoeira terminent en apothéose sous les applaudissements.

Il fait noir, la lune se lève, le vent du large souffle et les moustiques attaquent. Il est temps pour nous trois de rentrer et nous nous dirigeons vers la rue principale, aussi ensablée que le reste du village. Une petite pause pour déguster un açai, spécialité glacée fabriquée à partir de la pulpe d’un fruit de palmier amazonien aux vertus reconnues. Et sucré au sirop de guarana, pour ne rien gâcher ! Loulou finit barbouillé, car la pulpe est de couleur marron, mais cela n’enlève rien de son charme ! Il va de toute façon directement au bain, dans les bacs de lessive à la main, pour se dessaler, se dessabler et se décrasser. Tout un programme …

 

 

 

Tiens, on parlait de feeling toute la dernière soirée avec Xavier et Franck, un français rencontré à Jéricoacoara « par hasard ». C'était le dernier arrivé pour une excursion sympathique organisée la semaine dernière (l'organisateur l'a apostrophé dans la rue au moment de partir, et n'écoutant que son envie ou intuition, il s'est joint au groupe). Après quelques échanges le long de la route sablonneuse (il était, le pauvre, écrasé entre moi, Loulou et la portière... c'est dire !) je me dis : « tiens, un mec qui est capable de prendre des risques et des décisions rapides dans sa vie! Intéressant ! » Xavier sympathise aussi avec lui, et nous voilà donc hier soir lancés tous les trois sur la question du feeling ou sixième sens: ce petit quelque chose très rapide qui nous fait « sentir » telle personne ou telle situation, cette information qui arrive à la vitesse de la lumière avant même que le mental ne se mette en route ( eh, pas si rapide que ça l'ordi !).

On était bien d'accord, tout le problème réside dans le fait de ne pas mélanger, fusionner l'information intuitive et mentale, voir carrément « oublier » ou mettre de côté la première.

Exemple : j'ai rendez vous avec un type qui est censé me faire signer un contrat quelconque. Devant l'entrée de son cabinet, diplômes affichés : « waaa ! Bel effet ! Ça doit être quelqu'un ! »

Quand je rentre dans le bureau, je vois sa tête, sa personne, sa façon de bouger et de parler (en quelques secondes) et là un malaise arrive, une impression du style : « Ce mec est malhonnête et manipulateur! » Oui mais le mental revient au galop :

« M'enfin, t'as vu ses diplômes ! On ne peut qu'être sérieux après avoir fait tant d'études ! Et regarde comme sa cravate se marie bien avec sa chemise ! Et que dire de son discours ! Ecoute comme il s'exprime bien ! Et puis de toute façon, t'as pas trop le temps de traiter avec une autre personne ! Etc... »

Bon, je signe ou pas ? Il y a quelques années, oui, j'aurais signée les yeux fermés, puis je m'en serais mordue les doigts quelques temps plus tard. Et je me serais dit : « Pourtant, je le savais ! » Trop tard!

Maintenant, je me laisse le temps de revenir sur les rencontres importantes de la journée ou des jours précédents, et je laisse remonter les premières impressions... Parfois en contradiction avec le discours, la personnalité (donc le masque social ou professionnel de la personne) et les actes apparents de la personne. Exercice des plus intéressants !

Et puis, il n'est parfois même pas nécessaire de rencontrer ladite personne... Je me rends compte aujourd'hui qu'en écoutant le son de la voix de la personne je détiens beaucoup d'informations, ainsi qu'en regardant son visage et éventuellement son corps (sur photos).Et je ne parle même pas de ses écrits. Mais j'ai encore du mal à ne pas me laisser prendre par la chanson du mental.

Donc, on reparle de cette conversation ce matin avec Xavier, et on se donne des exemples de personnes « fausses » (inadéquation entre le ressenti profond et l'image que la personne s'évertue à donner d'elle même). On repense à cette femme, lorsque nous étions à Capão, qui a organisé le 1er janvier une méditation pour la paix sous le grand kiosque du village. On ne connaissait pas son nom, on est arrivé « par hasard » ce matin là sur la place, et on s'est joint au groupe de méditants avec notre Loulou qui naviguait de genoux en genoux. Et on est parti avant la fin. Pas tout à fait convaincus. Sa voix était perchée comme un violon mal accordé (aïe mes oreilles de musicienne !), son visage ne nous revient pas, et ses accompagnants ont tout des groupies exaltés de centre spirituel. Bon voilà... Seulement ce matin, une intuition subite, on file à internet et je tape sur google « shining woman » , pour revisiter le site d'une femme médecine brésilienne que l'on m'avait plus ou moins recommandée l'été dernier (et que j'avais finalement mise de côté).

Surprise ! Xavier me confirme que c'est bien la femme que l'on a vue ! Et moi de vérifier son adresse : castelar da alvora (mazette !) dans la vallée de Capao, non loin du riachinho et du morrao. Bref, on était voisin ! Le site regorge de témoignages pour prouver sa valeur, il y a des dates de stages, enseignements, cérémonies... mais pas les prix, Lol ! J'ai néanmoins idée que des stages chamaniques hébergés en château avec piscine ne doivent pas être vraiment bons marchés ! Je trouve drôle que nos chemins nous aient menés sans l'avoir voulu non loin de chez elle, de l'avoir rencontrée, et finalement, d'avoir eu confirmation de mon premier ressenti en étant « de visu ».

Je repense aussi au commentaire que m'avait fait S. en parlant de son travail avec elle (l'été dernier au téléphone): « oui, c'était intéressant, mais elle m'a fait beaucoup d'ennuis et de menaces lorsque j'ai décidé de quitter son enseignement! » Ben voyons...

y-a t'il une conclusion?

Je dirai juste que s'il vous passe des idées rapides même saugrenues à la tête sur des actions à faire, comme emporter avec vous le livre de l'oncle Albert pour aller faire les courses ou prendre vos gants en polaire pour vos vacances d'été, et bien, laissez vous aller, faites, essayez, et riez un bon coup quoiqu'il arrive : si vous croisez ou non votre oncle au rayon pâtisserie et s'il se met à neiger ou non en juillet à la montagne, qu'est ce que vous perdez ?

Et si malgré des recommandations, des écrits, et des apparences avenantes vous ne sentez pas une personne avec qui vous devez traiter des choses importantes, laissez tomber !

Ah : tout à l'heure, notre amie Zanna a perdu les clés de sa chambre en se baignant dans la mer (attachée à son pied) et xavier a failli lui dire en les voyant (mais il ne savait pas qu'elle allait se baigner !) de les ôter de là car elle allait les perdre. C'est aussi du bon sens, néanmoins cela s'est présenté comme une intuition...

 

Allez, écoutez vous !

Bom dia a toda gente !

 

Nous habitons maintenant à jeri, un gros village au bord de la mer et des dunes. Il y a beaucoup de soleil ici, et beaucoup de vent aussi. On n'est pas très loin de la plage, alors presque tous les jours, après la sieste, nous allons nous baigner. Papa m'emmène jouer dans les petits rouleaux, même si je rêve de monter sur les planches de surf comme les grands ! Parfois, on monte en haut de la grande dune, parce que j'adore dévaler la pente sur les fesses ou le ventre en criant de joie. Après je suis couvert de sable ! Et ensuite on regarde le soleil se coucher... Quand Zanna et Juan P, les amis de papa et maman travaillait, on allait les voir et il nous faisait un énorme açai qu'on se partageait tous les trois. Je m'en mettais de partout ! Ça faisait rire tout le monde! Et le monsieur qui vend du tabac tout à côté me donne souvent une sucette. Je crie « bonbon, bonbon! » Je peux même monter sur sa moto bleue, en imitant le bruit du moteur: « broum, broum » C'est dur de m'en faire descendre! Mais j'adore aussi les quads de la rue principale, ceux qui sont devant l'agence touristique où papa et maman se connecte à internet: camilia me demande toujours un « beijo » pour avoir le droit de monter dessus, et ensuite je fais trop mon malin en regardant les passants du haut de mes quatre roues! Je craque aussi pour les buggys, et je fais aussi des pieds et des mains pour m'asseoir sur le siège conducteur et jouer avec le volant et le levier de vitesse. Papa et maman râlent souvent, ils ne comprennent pas ma passion! Mais d'abord, quand je vais rentrer en France, Tata Chatoue m'a dit qu'elle avait un gros tracteur à roulette à me prêter...Na !

L'autre jour, j'ai eu très peur : je sortais de la chambre et un gros lézard gris d'ici s'est précipité entre mes jambes pour se réfugier sous le lit. J'ai crié très fort, maman m'a pris dans ses bras, mais je ne voulais plus mettre les pieds par terre pendant une journée. Surtout que le lézard est resté dormir avec nous! Papa a dû le chasser avec le balai, et maman m'a expliqué qu'il était parti trouver à manger ailleurs. « Gâteau, gâteau ? » ai je demandé ? « Oui, c'est ça mon Loulou ».

Je crie aussi quand je vois des cucarachas, les cafards: ils courent très vite partout! Papa les poursuit avec sa tong et il fait scratch très fort dessus! Bien fait! J'essaie de faire pareil avec mon petit pied, comme ça, pour montrer que je sais. Ils n'ont qu'à bien se tenir ces cafards, et les fourmis aussi ! Il y a aussi des petites grenouilles qui habitent dans les trous du sol devant la maison, mais aussi des énormes crapauds qui se promènent tous les soirs. Maman en a déjà attrapé pour me faire voir comme ils savent bien sauter !

J'apprends plein de nouveaux mots tous les jours, comme pépin (ceux du melon!), tong (celles que j'ai au pied), téton (ceux sur le torse nus de papa), lézard (ceux qui courent par terre et sur les murs), dateau (pour parler des bateaux et autres planches de surf), main (pour demander qu'on m'emmène quelque part),daci (pour dire merci quand on me donne quelque chose), tin (pour dire tiens quand je donne moi quelque chose), dodo (pour dormir, quand je vais tout seul à la sieste), pipi (que je fais par terre), caca (que je fais parfois sur les toilettes comme un grand!), ham (pour demander à manger), deau (pour l'eau du bain et celle que je bois), pain (celui qu'on mange le matin), thon (pour le thon de la salade), i (pour le riz de la salade aussi), mamao (le nom brésilien de la papaye), thé (celui de maman que j'aime lui piquer), tchatchao (pour dire au revoir en agitant la main), tin tintin (pour la musique de la capoeira), tacadoum (pour parler des chevaux que papa et maman ont monté), tchin tchin (pour trinquer avec papa, maman et tous les gens présents), non non non (pour redire ce que je n'ai vraiment pas le droit de faire, comme escalader la fenêtre tout seul ou faire pipi sur le lit et ouvrir le placard à gâteaux), aïe (quand je me mords la main pour manifester ma frustration) et néné (pour parler de moi et des autres enfants, c'est le mot brésilien)

Avant, Zanna et Juan-P. habitait dans l'autre chambre de la maison, et c'était super car le matin, après leur réveil, je pouvais sauter sur leur grand lit et jouer avec eux un moment. Juan m'entrainait à la capoeira, me faisait une huppe sur la tête quand j'étais dans le bain, et moi je leur piquais leurs cartes et leur i-pod, et me cachais dans leur placard...Ils m'emmenaient aussi à la plage faire du surf avec Bruno qui est déjà rentré à Sao Paulo. Mais ils partent demain et rentrent en Argentine... Je n'aurais plus de baby sitter! (ndr: plus de moments tranquilles pour nous!). Je n'aurai plus personne pour jouer comme un fou, sauf mes parents, mais en ce moment, je les fatigue un peu qu'ils me disent... :(

Je vais faire des efforts, et ils m'ont promis qu'eux aussi, alors on va encore bien jouer! Pis, y'a tata Læt qui va bientôt venir nous voir, ça va être super cool, elle va me faire plein de câlins, et on va jouer dans les vagues!

 

 

Je vous fais un grand « beijo » à tous!