Tiens, on parlait de feeling toute la dernière soirée avec Xavier et Franck, un français rencontré à Jéricoacoara « par hasard ». C'était le dernier arrivé pour une excursion sympathique organisée la semaine dernière (l'organisateur l'a apostrophé dans la rue au moment de partir, et n'écoutant que son envie ou intuition, il s'est joint au groupe). Après quelques échanges le long de la route sablonneuse (il était, le pauvre, écrasé entre moi, Loulou et la portière... c'est dire !) je me dis : « tiens, un mec qui est capable de prendre des risques et des décisions rapides dans sa vie! Intéressant ! » Xavier sympathise aussi avec lui, et nous voilà donc hier soir lancés tous les trois sur la question du feeling ou sixième sens: ce petit quelque chose très rapide qui nous fait « sentir » telle personne ou telle situation, cette information qui arrive à la vitesse de la lumière avant même que le mental ne se mette en route ( eh, pas si rapide que ça l'ordi !).

On était bien d'accord, tout le problème réside dans le fait de ne pas mélanger, fusionner l'information intuitive et mentale, voir carrément « oublier » ou mettre de côté la première.

Exemple : j'ai rendez vous avec un type qui est censé me faire signer un contrat quelconque. Devant l'entrée de son cabinet, diplômes affichés : « waaa ! Bel effet ! Ça doit être quelqu'un ! »

Quand je rentre dans le bureau, je vois sa tête, sa personne, sa façon de bouger et de parler (en quelques secondes) et là un malaise arrive, une impression du style : « Ce mec est malhonnête et manipulateur! » Oui mais le mental revient au galop :

« M'enfin, t'as vu ses diplômes ! On ne peut qu'être sérieux après avoir fait tant d'études ! Et regarde comme sa cravate se marie bien avec sa chemise ! Et que dire de son discours ! Ecoute comme il s'exprime bien ! Et puis de toute façon, t'as pas trop le temps de traiter avec une autre personne ! Etc... »

Bon, je signe ou pas ? Il y a quelques années, oui, j'aurais signée les yeux fermés, puis je m'en serais mordue les doigts quelques temps plus tard. Et je me serais dit : « Pourtant, je le savais ! » Trop tard!

Maintenant, je me laisse le temps de revenir sur les rencontres importantes de la journée ou des jours précédents, et je laisse remonter les premières impressions... Parfois en contradiction avec le discours, la personnalité (donc le masque social ou professionnel de la personne) et les actes apparents de la personne. Exercice des plus intéressants !

Et puis, il n'est parfois même pas nécessaire de rencontrer ladite personne... Je me rends compte aujourd'hui qu'en écoutant le son de la voix de la personne je détiens beaucoup d'informations, ainsi qu'en regardant son visage et éventuellement son corps (sur photos).Et je ne parle même pas de ses écrits. Mais j'ai encore du mal à ne pas me laisser prendre par la chanson du mental.

Donc, on reparle de cette conversation ce matin avec Xavier, et on se donne des exemples de personnes « fausses » (inadéquation entre le ressenti profond et l'image que la personne s'évertue à donner d'elle même). On repense à cette femme, lorsque nous étions à Capão, qui a organisé le 1er janvier une méditation pour la paix sous le grand kiosque du village. On ne connaissait pas son nom, on est arrivé « par hasard » ce matin là sur la place, et on s'est joint au groupe de méditants avec notre Loulou qui naviguait de genoux en genoux. Et on est parti avant la fin. Pas tout à fait convaincus. Sa voix était perchée comme un violon mal accordé (aïe mes oreilles de musicienne !), son visage ne nous revient pas, et ses accompagnants ont tout des groupies exaltés de centre spirituel. Bon voilà... Seulement ce matin, une intuition subite, on file à internet et je tape sur google « shining woman » , pour revisiter le site d'une femme médecine brésilienne que l'on m'avait plus ou moins recommandée l'été dernier (et que j'avais finalement mise de côté).

Surprise ! Xavier me confirme que c'est bien la femme que l'on a vue ! Et moi de vérifier son adresse : castelar da alvora (mazette !) dans la vallée de Capao, non loin du riachinho et du morrao. Bref, on était voisin ! Le site regorge de témoignages pour prouver sa valeur, il y a des dates de stages, enseignements, cérémonies... mais pas les prix, Lol ! J'ai néanmoins idée que des stages chamaniques hébergés en château avec piscine ne doivent pas être vraiment bons marchés ! Je trouve drôle que nos chemins nous aient menés sans l'avoir voulu non loin de chez elle, de l'avoir rencontrée, et finalement, d'avoir eu confirmation de mon premier ressenti en étant « de visu ».

Je repense aussi au commentaire que m'avait fait S. en parlant de son travail avec elle (l'été dernier au téléphone): « oui, c'était intéressant, mais elle m'a fait beaucoup d'ennuis et de menaces lorsque j'ai décidé de quitter son enseignement! » Ben voyons...

y-a t'il une conclusion?

Je dirai juste que s'il vous passe des idées rapides même saugrenues à la tête sur des actions à faire, comme emporter avec vous le livre de l'oncle Albert pour aller faire les courses ou prendre vos gants en polaire pour vos vacances d'été, et bien, laissez vous aller, faites, essayez, et riez un bon coup quoiqu'il arrive : si vous croisez ou non votre oncle au rayon pâtisserie et s'il se met à neiger ou non en juillet à la montagne, qu'est ce que vous perdez ?

Et si malgré des recommandations, des écrits, et des apparences avenantes vous ne sentez pas une personne avec qui vous devez traiter des choses importantes, laissez tomber !

Ah : tout à l'heure, notre amie Zanna a perdu les clés de sa chambre en se baignant dans la mer (attachée à son pied) et xavier a failli lui dire en les voyant (mais il ne savait pas qu'elle allait se baigner !) de les ôter de là car elle allait les perdre. C'est aussi du bon sens, néanmoins cela s'est présenté comme une intuition...

 

Allez, écoutez vous !