Puisque la médecine ne vient à nous, allons vers la médecine ! Merci JP pour le rappel !

Il y a deux nuits, nous étions dans un tout petit village traditionnel de pêcheurs brésiliens, toujours dans le Céara, loin des hordes de touristes et surfers. En fait, on était les seuls touristes avec un couple de médecins allemands. Le coin rêvé pour une cérémonie intimiste.

A la nuit tombée, sous les myriades d'étoiles étincelantes, nous avons gagné le bord de mer avec Xavier (Loulou dormant dans la chambre de la pousada, à peine à 200m de la plage). Pas un chat (euh...quoi que...), le vent qui claque dans les voiles des jagandas toutes proches, la mer qui rugit... Bon, allumer la pocket cenupa de xavier avec ce zef s'avère des plus difficile ! Il tourne le dos au vent et à la mer, et finalement, je me mets derrière lui en ouvrant mes bras et imaginant une bulle de protection pour notre ami l'esprit du feu. Et voilà ! Le tabac rougeoie dans le foyer... Je m'assieds face à xavier. Il commence à fumer et faire ses prières silencieuses, puis me passe sa pipe. Je lance alors une prière à toutes les médecines et leur savoir, et demande leur accompagnement sur notre chemin à partir de ce jour. Xavier reprend sa mini cenupa et lance une prière à l'intention du ciel et de la terre, afin de demander la pluie sur ces terres trop arides pour la saison (on est en saison des pluies et il n'a pas plu significativement depuis deux mois !). Je fais de même quand le tabac me revient, et il termine là de se consumer. Nous confions les cendres au sable.

Je reste encore un moment sous la voie lactée, le spectacle est trop beau et grandiose...

Ce matin, deux jours plus tard, je me réveille de bonne heure (vers 6h) avec le bruit... des gouttes d'eau qui martellent notre perron! La pluie est là, et tombe une bonne heure, puis encore plus tard en fin de matinée.Le ciel est resté couvert, le vent s'est calmé (gage de pluie). Merci grand père Tabac! Que ta volonté soit faite...

 

 

Il y a une anecdote que l'on a complètement oublié de raconter avec xavier, qui s'est produite quelques jours avant la cérémonie Santo Daime. Nous étions donc à Capao, cette vallée au coeur de la chapada Diamantina (lieu magique il faut le dire). On rendait visite à une amie de voyage française, dans la petite maison qu'elle louait à l'écart du « centre » du village. L'heure de la sieste arrive. Xavier s'endort brutalement sur un matelas, je rentre aussi pour m'allonger et « sens » une odeur, là, dans l'entrée, forte, pénétrante, écourante quand même... Ce n'est pas la sauge que Charlotte a brûlé pour nettoyer la maison. Cela me dit quelque chose, mais je suis vraiment fatiguée, et je vais m'allonger. Je n'arrive pas à bien dormir, gênée ... Xavier se réveille,après une sieste étrange, et puis on se fait tous les deux la remarque sur cette odeur que notre amie ne sent pas du tout ! Et tout à coup, on réalise que c'est lodeur du tabac, du tabac macéré que Georges utilise en cérémonie, du tabac d'amazonie pour le « grand nettoyage ». Là, on est vraiment sidéré ! Il n'y a évidemment pas de tabac dans la maison. Notre amie ne le sent toujours pas, mais rit beaucoup en disant que ces lieux sont chargés positivement. Voilà, Bom Padre tabac était là, nous l'avions appelé dans nos coeurs, trouvant « dommage » de ne pas faire un jeune au tabac avant de prendre l'ayahuasca. Merci magique médecine ! (nb : l'odeur avait complètement disparu à notre visite suivante... ;p)